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Rencontres Flottes Automobiles : le rendez-vous professionnel

 
Pour leur septième édition, les rencontres Flottes Automobiles se sont déplacées dans la Grande Halle de la Villette, avec un espace plus vaste pour accueillir 193 exposants et 3 300 visiteurs. Des professionnels qui font de cet événement un rendez-vous incontournable pour découvrir de nouvelles opportunités et réfléchir aux enjeux de leur profession.

Rencontres Flottes Automobiles : le rendez-vous professionnelAvec une surface d’exposition plus que doublée, les Rencontres Flottes Automobiles version 2018 ont présenté aux visiteurs un espace plus aéré et un nombre accru d’exposants. De nouveaux participants révélateurs de l’extension des compétences du responsable de parc, avec toujours plus de stands consacrés à la télématique et aux outils de gestion.

On notait aussi la multiplication des stands de prestataires de différents horizons, qui enrichissent le panel des services à disposition des professionnels : fleet management, recharge électrique ou encore services de conciergerie.

Autre révélateur des évolutions constantes du métier, le salon a mis en avant de nouveaux espaces. Dont l’un consacré à l’innovation, où 17 start-ups ont pu décrire leurs activités sous forme de pitchs d’un quart d’heure, dans des domaines aussi divers que les logiciels de gestion, les bornes de recharge, les services d’aide à la conduite, etc.

De nouveaux espaces

Le salon comprenait aussi deux zones d’exposition pour une cinquantaine de modèles : l’une réservée à l’électromobilité en intérieur, et l’autre en extérieur et couverte pour les modèles thermiques.

Vous aimez cet article ? Recevez chaque mardi notre newsletter Cette surface agrandie avait également été mise à profit pour offrir aux visiteurs des animations didactiques dans le cadre d’un espace consacré à la sécurité et à la prévention. Sur le stand de la Sécurité routière, les visiteurs ont ainsi pu essayer un simulateur de conduite ou évaluer les effets de l’alcool et du cannabis sur la conduite grâce à des lunettes de simulation.

Un stand tenu par les pompiers proposait aussi un quizz sur la sécurité routière. Et la disponibilité de ces professionnels tout au long de la journée a permis aux visiteurs d’échanger avec eux et de s’informer par exemple sur des gestes de premiers secours : mise en position de sécurité ou prévention des hémorragies, pose de garrot, etc.

Le salon a aussi fait évoluer le format de ses débats, avec des conférences, des ateliers experts en partenariat avec le Club Flottes Automobiles, des ateliers marché et solution. Et les rencontres se sont succédé tout au long de la journée, animées par des journalistes de la rédaction ou des consultants. Les deux premières conférences au programme révélaient les thèmes qui resteraient les dénominateurs de cette journée : les nouvelles mobilités et le TCO.

Le thème des nouvelles mobilités a été abordé dans une première conférence sous l’angle des arbitrages entre choix des énergies et usages. Autour de la table des débats, trois spécialistes de la livraison : DHL, Star’s Service et Cetup.

Les nouvelles mobilités en question

Pour Star’s Service, l’électrique a largement sa part dans la flotte avec 150 Kangoo Z.E. et Nissan e-NV200. Une intégration et un usage quotidien qui n’ont pu se faire sans réflexion sur la recharge, a souligné Philippe de Clermont-Tonnerre, chargé de missions pour le transporteur : « Les chauffeurs ne peuvent pas passer leur temps à regarder les véhicules se recharger ! » L’année dernière, Star’s Service a donc inauguré un parking privatif avec des bornes de recharge sur le boulevard Ney, au nord de la ceinture parisienne.

Les limites de l’électrique

Mais si de telles entreprises peuvent s’adapter aux exigences de la recharge, Laurent Zerafa, responsable fleet management de DHL, a indiqué qu’il était difficile de repenser l’organisation des tournées pour s’adapter aux véhicules électriques, pour l’instant encore trop limités en capacité de chargement. « Notre infrastructure et le découpage de nos livraisons ont été conçus pour des véhicules de 3,5 t, a commenté le responsable. Une flotte de véhicules de moins de 3,5 t nous demanderait de multiplier par deux ou trois le nombre des véhicules sur la route. »

Les professionnels attendent donc avec une certaine impatience la mise sur le marché d’utilitaires électriques de 3,5 t. Une alternative pourrait venir de Renault, qui devrait bientôt livrer son Master Z.E. 100 % électrique ou, chez DHL, d’une solution développée en interne avec Ford.

La question du TCO a constitué un autre thème récurrent des débats. Et ce dès le premier atelier expert qui a réuni les responsables des flottes d’Adecco, de la SNCF, de Bouygues construction et d’Orange. Pour ces professionnels, une préoccupation centrale au cœur de leurs réflexions : la hausse envisagée d’environ 25 % du TCO.

Quels TCO pour les flottes ?

Détaillée par Robert Maubé du cabinet de conseil RRMC, cette hausse va résulter de plusieurs facteurs : la fiscalité des véhicules diesel, mais aussi celle des véhicules essence avec l’arrivée de la norme WLTP de mesure des émissions de CO2, ou encore l’évolution des taux d’emprunt. Les participants ont aussi évoqué l’augmentation des loyers des loueurs compte tenu de l’incertitude liée aux valeurs de revente des diesel, suite à l’alignement des fiscalités des carburants.

Les solutions envisagées par ces responsables ? Les pistes sont nombreuses : réduction de la taille des parcs, mise en partage des véhicules de service, etc. « Moins de constructeurs dans la car policy, des tarifs bien négociés », a résumé Lionel Bacci, directeur du support opérationnel réseau d’Adecco. « Il faut moins de voitures, moins grosses, et sur des segments plus petits », a complété Pierre Broscart, responsable du service véhicules de Bouygues Construction. Des mesures à évaluer selon la nature du parc et l’usage des véhicules. Deux variables dont la connaissance se fait plus pointue grâce aux données de la télématique, selon les intervenants.

Toujours en lien avec la problématique du TCO, cette question de la télématique a été largement traitée. Plusieurs ateliers y étaient consacrés, l’occasion d’échanges entre visiteurs et experts pour clarifier le sujet de la propriété des données issues de la télématique. S’est posée aussi la question des outils nécessaires pour traiter ces données et plus largement celle des informations sur la flotte : gestion des contrats, facturation, échéances à respecter, etc. Car tous les utilisateurs n’ont pas les mêmes attentes sur le niveau d’information à retirer de leurs véhicules.

Du bon usage des outils

Au cours d’une conférence très suivie sur les leviers d’optimisation de la flotte pour les TPE-PME, Pascal Kerbellec, DAF de Bystronic (systèmes pour l’usinage de tôles) avec 24 véhicules en parc, et Bruno Choquel, responsable des services généraux de Fronius (solutions de contrôle de l’énergie) à la tête de 45 véhicules, ont souligné leur peu d’intérêt pour des outils complexes de gestion. Un désintérêt étendu aux reportings des prestataires, que Bruno Choquel reconnaissait peu consulter.

Pour une gestion efficace, les gestionnaires de ces petits parcs comptent plutôt sur la capacité de leurs prestataires à apporter des solutions personnalisées, ont souligné les représentants des captives ou des loueurs, Renault, Parcours ou Arval, qui participaient à cette conférence : modèles adaptés à leurs activités, véhicules de remplacement si nécessaire, etc.

Mais si chaque entreprise reste un cas à part, toutes ont en commun la question du comportement des conducteurs et celle des éventuelles contraventions qu’ils sont susceptibles de recevoir. Un thème toujours d’actualité un an après la loi sur la désignation systématique des conducteurs par les entreprises. Deux conférences ont fait le point sur ce sujet.

80 ou 90 km/h ?

Le matin, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, en a profité pour aborder avec pédagogie la question des limitations de vitesse alors que la généralisation de la diminution de la vitesse de 90 à 80 km/h s’annonce pour l’été sur les routes à double sens sans séparateur central.

« Avec les radars automatiques, aucune marge de tolérance n’est permise. Il existe une marge technique pour l’homologation du radar, mais elle garantit uniquement que les automobilistes ne seront jamais verbalisés au-dessous de la vitesse autorisée, pas juste au-dessus », a rappelé le représentant du ministère de l’intérieur.

L’après-midi, une conférence est revenue sur les amendes, notamment dans le cadre des échanges automatisés avec l’Antai. Là encore l’opportunité de reparler de la désignation. « Il y a une très forte progression de la désignation, a rappelé Alexandre Rochatte, délégué adjoint à la sécurité routière, avec 0,9 million de cas de désignation en 2016, et 2,5 millions en 2017. »

Un sujet central : la désignation

Cette conférence a offert au public de soumettre des cas particuliers : la question du devenir des PV lorsque l’adresse du collaborateur n’est pas la bonne, les interrogations qu’engendrent les forfaits post-stationnement, etc. Autant de questionnements adressés directement aux responsables de l’Antai pour réfléchir ensemble aux améliorations possibles du système. Des échanges fournis et constructifs pour l’ensemble des participants et des professionnels de la gestion de parc.
 

Ils exposent en 2018